vendredi 2 mars 2012

Philippe Juvin : Le cumulard du Président (par le Canard enchaîné)


Affaire classée : l’inspection générale des affaires sociales ne sera pas chargée d’enquêter sur le présumé «emploi fictif» dont vient de bénéficier Philippe Juvin. Bombardé chef de service des urgences à l’hôpital parisien Georges-Pompidou, ce professeur est soupçonné par quelques collègues malveillants et syndicalistes aigris d’être incapable d’assumer cette nouvelle charge. 
Ils l’ont écrit, lundi 27 février, dans une lettre à la direction de l'Assistance publique (AP-HP)… Mais leur demande d’une petite inspection a été refusée tout net par Xavier Bertrand, encore ministre de la Santé, qui a précisé au « Canard» que «cette nomination n’avait rien de politique ».

On se tient les côtes.

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A propos de santé, Philippe Juvin en a une à toute épreuve et il soigne d’abord sa carrière politique. Secrétaire national pour la santé de l’UMP, il est également député au Parlement européen. Ce qui lui prend, en principe, un peu de temps.
En plus des sessions plénières, il participe aux travaux de plusieurs commissions de ce Parlement, celle du Marché intérieur et de la protection du consommateur et celle de l’Environnement. Juvin est aussi vice-président de la Délégation pour les relations avec l’Afghanistan et de celle pour l’Iran. Prié d’assister aux réunions de son groupe parlementaire et compte tenu d’un calendrier chargé, il est censé siéger à Bruxelles ou à Strasbourg environ cent trente jours par an.
Ce n’est pas tout. Cumulard enthousiaste et travailleur acharné, il est par ailleurs maire de La Garenne-Colombes, riante bourgade de 30 000 habitants.
«Déjà, lorsqu’il exerçait à l’hôpital Beaujon, son absentéisme avait été déploré», glissent au passage les auteurs du mot doux envoyé à Mireille Faugère, directrice de l’Assistance publique, qui a piloté ce parachutage exigé par le Château. «Il est matériellement impossible à Philippe Juvin d’exercer à plein temps son emploi hospitalo-universitaire, pour lequel il est pourtant rémunéré à taux plein», insistent les mauvais coucheurs de l’hôpital public. Comme si elle anticipait sur ses futures absences, l’AP-HP, qui débauche à tour de bras, renforce les urgences de l’hôpital Pompidou, avec l’arrivée programmée de deux nouveaux toubibs.

Après le « faire le job» de Sarko, voici le « faire le job à ma place ».

Brigitte Rossigneux - Le Canard Enchaîné 29 février 2012

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